Renforcement des capacités à Ngaoundéré : Former des observateurs communautaires pour un meilleur accès aux soins

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Du 14 au 16 avril 2026, la ville de Ngaoundéré a abrité un atelier stratégique dédié à la formation d’observateurs communautaires. Organisée au sein de la salle de conférence du SEDUC (EELC) au quartier Norvégien par les ONG Positive Génération, Care et ADS2, cette initiative s’inscrit dans le cadre du suivi de l’accès aux soins et services de santé. Elle bénéficie de la subvention du Fonds mondial pour contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées au VIH, au paludisme et à la tuberculose d’ici 2030.

Droits humains et barrières d’accès aux soins

La première journée de l’atelier a posé les fondements de la formation en abordant des thématiques cruciales telles que le droit à la santé et les droits humains. Les participants ont été amenés à définir des concepts clés (la santé, le droit, ou encore la différence entre le sexe et le genre), tout en menant des débats constructifs sur la notion de démocratie.

Par la suite, des travaux de groupe ont permis d’identifier les multiples obstacles que rencontrent les patients au quotidien. L’objectif central de cette démarche est clair : faciliter l’accès aux soins sans discrimination ni distinction de sexe ou de genre, tant au sein des formations sanitaires (FOSA) que dans la communauté, en promouvant de bonnes attitudes.

L’éthique de l’observation et le dispositif TAW

La deuxième journée s’est concentrée sur la posture technique et éthique que doit adopter un observateur communautaire. Le dispositif d’observation TAW (Treatment Access Watch) a été présenté en détail afin de clarifier le rôle de ce type d’observatoire.

Après s’être familiarisés avec les outils de collecte et de rapportage de données, les participants ont réalisé des simulations pratiques. Ils ont ensuite été scindés en groupes pour effectuer des descentes réelles dans les formations sanitaires de la ville, une étape essentielle pour confronter la théorie à la réalité du terrain.

Restitution du terrain et principes de l’observation

Le troisième jour a fait la part belle à la pratique avec la restitution des données collectées la veille. Les équipes ont évalué la disponibilité, la gratuité, le paiement et le coût des examens et médicaments relatifs au VIH, au paludisme, à la tuberculose et à l’hépatite.

Cette phase de restitution a permis de rappeler des éléments essentiels pour les usagers et les observateurs :

  • La gratuité des traitements : Le traitement du paludisme et de la tuberculose est gratuit dans les FOSA, qu’elles soient publiques ou privées.
  • Les coûts applicables : Malgré le principe de gratuité, certains coûts restent applicables selon la catégorie de la FOSA (encadrés par décret).
  • La documentation des failles : Les dysfonctionnements observés, même lorsqu’ils ne figurent pas sur la fiche standard, doivent être documentés dans la partie observation pour souligner leur impact réel sur la prise en charge du patient.

L’observation communautaire exige une rigueur absolue. Elle consiste à documenter les pratiques sans intervenir directement et repose sur des principes fondamentaux tels que la neutralité, l’objectivité, l’exactitude, la discrétion et la confidentialité. L’observateur doit agir avec impartialité et s’assurer du consentement éclairé des patients, notamment pour protéger les populations vulnérables et les populations clés (usagers de drogues, PVVIH, détenus, personnes handicapées, etc.).

Des solutions communautaires pour l’avenir

Face aux défis liés à l’accès aux soins, des pistes d’amélioration concrètes ont été mises en exergue par les participants et les formateurs :

  • Renforcer le cadre juridique et former le personnel de santé à un accueil inclusif.
  • Lutter contre la stigmatisation et encourager activement la participation communautaire.
  • Mener des actions de plaidoyer, de sensibilisation, de suivi et de redevabilité.

L’atelier s’est conclu sur une évaluation globale, couronnée par un message fort : les questions de santé ne sont pas de simples problèmes individuels ; elles doivent être portées et soutenues par l’ensemble de la communauté.

À travers les différents programmes du mécanisme TAW (Citizenship, Sentinelle, Access watch, Feedback), ces nouveaux observateurs ont désormais pour noble mission de faire entendre la voix des usagers auprès des acteurs politiques et des structures décisionnelles.

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